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Présentation d’une équipe au service de la jeunesse !

                                                                                                                                
                                                                                                    

LE SERVICE JEUNESSE EN QUELQUES QUESTIONS

  • Qui sommes-nous ?

Au niveau opérationnel, le Service Jeunesse se compose de 3 Inspecteurs Principaux Spécialisés, un Inspecteur Principal, 2 Inspecteurs et d’une assistante sociale.
 
Qu’est-ce qu’un Inspecteur Principal Spécialisé ? C’est un fonctionnaire de police ayant préalablement suivi une formation sociale, ce qui donne une connotation particulière à son intervention.

Il est à signaler que les autres policiers du service sont intégrés dans ce service sur base volontaire parce qu’ils manifestent tout spécialement une fibre sociale.

Le service comprend également une assistante sociale dont une des missions est l’assistance aux victimes dans le cadre de faits de mœurs ou de maltraitance de mineurs.

  • Quelle est la spécificité du service jeunesse?

Il s’agit d’un service qui allie la spécificité dans la polyvalence car il a la particularité de combiner les aspects sociaux et répressifs (policiers) c’est-à-dire:

  • de prendre en considération la personne dans sa globalité,
  • de resituer le problème dans son contexte personnel et familial tout en le repositionnant dans le cadre légal.

Ceci implique l’écoute active et respectueuse de la victime en tenant compte de son rythme.

Pour ce faire, les policiers collaborent avec tous les services sociaux gravitant autour du mineur et de sa famille.
Il ne s’agit pas de dresser « simplement » des procès verbaux ; après avoir cerné la problématique, les personnes sont orientées vers les services les plus appropriés en fonction de leurs besoins.
Il s’agit généralement de familles désœuvrées et en grande souffrance face aux problèmes qui les taraudent.

C’est parce que le travail du Service Jeunesse dans le court terme que ses policiers font le relais vers d’autres services pour une prise en charge plus approfondie.

  • En quoi consiste notre travail ?

Initier et traiter les dossiers concernant les mineurs (0-18 ans) lorsque les cas suivants se présentent :

  • Indiscipline (démission des parents face au comportement des jeunes, difficultés de communication, conflit intergénérationnel, …) ;
  • Absentéisme scolaire notamment application de la PLP41 ;
  • Faits de mœurs sur mineur d’âge ;
  • Maltraitance psychologique ou physique d’enfant, négligence, danger du milieu (inaptitudes parentales) ;
  • Enquêtes civiles relatives aux droits de garde et de visite ;
  • Etc.

Apporter un appui aux autres fonctionnalités en ce qui concerne les mineurs auteurs :
En cas de délits commis par des mineurs avec circonstances aggravantes pour lesquels l’approche par notre service apporte une plus-value. Une liste a été établie et reprend des situations telles que :

  • Disparition inquiétante ;
  • Coups et blessures ;
  • Vol avec violence ;
  • Mœurs ;
  • Etc.
  • Du partenariat à l’implication

Les situations traitées proviennent de sources aussi différentes que les écoles, les CPMS, les médecins, les agents de proximité, l’ONE, le milieu paramédical, le voisinage, les membres de la famille, parfois l’enfant lui-même. Le Parquet du Procureur du Roi envoie aussi régulièrement des devoirs à effectuer. Dans ces cas, il s’agit de réaliser une enquête familiale complète afin de détecter une éventuelle détresse afin d’aider aux mieux les intéressés.

Les dossiers sont traités entièrement par le Service Jeunesse. Ce qui implique la réalisation de toutes les auditions y compris celle du suspect (majeur ou mineur).

Concernant les mineurs auteurs d’infractions pénales telles que vols, dégradations,… les devoirs demandant d’effectuer les enquêtes sociales, les révisions de situations,… sont également pris en charge par les policiers de la Jeunesse.

Dans un premier temps, nous vérifions les allégations en effectuant différentes recherches et en auditionnant la plupart des personnes qui gravitent autour de l’enfant concerné. Il peut s’agir de professionnels ou de particuliers.

Lorsque le maximum d’informations a pu être obtenu, nous contactons le Parquet afin de lui relater les faits. Un procès-verbal est ensuite rédigé.

Il nous arrive aussi de réaliser des transferts d’enfants (23 en 2008), à la demande du Parquet ou du Tribunal de la Jeunesse, vers une institution, un hôpital,… et ce dans un but protectionnel.

  • Combien de situations sont traitées annuellement ?

Depuis sa création, le Service Jeunesse a traité et ouvert plus de 3 200 dossiers.

A titre indicatif, on constate une augmentation conséquente du nombre de PV rédigés pour l’année 2008 par rapport aux années précédentes, à savoir 1510 alors qu’en 2007 on en comptait 1275 (soit une hausse de 18%) et qu’en 2004 par exemple on en dénombrait 849 (soit presque le double).

Nombre de P.V. rédigés par notre service :

2004

2005

2006

2007

2008

849

991

1226

1275

1510


Total de PV

Mœurs

Mineur en danger

Indiscipline

Obligation scolaire

Droit de garde

Année 2005

259

418

33

53

69

Année 2006

292

476

39

68

116

Année 2007

219

530

32

93

88

Année 2008

316

531

85

64

67

Le nombre de PV a pratiquement doublé en 4 ans. Une lecture plus affinée des statistiques permet de mettre en évidence que ce sont surtout les faits de mœurs, de mineurs en danger et d’indiscipline qui ont augmenté.

Ces chiffres sont un constat. Il est difficile d’interpréter scientifiquement la raison de cette augmentation. Toutefois, une hypothèse peut être avancée, une meilleure connaissance des ressources possibles de la population en raison d’une certaine médiatisation.
La victime est maintenant au centre des préoccupations policières et ose plus qu’avant franchir la porte d’un commissariat pour y dénoncer des faits subis.

  • Où et quand nous trouver ?

Le Service Jeunesse de la Zone de Police Boraine est implanté au sein du service de proximité de Quaregnon.
Nos bureaux sont ouverts au public de 8h à 12h et 13h30 à 17h.
Pour les situations urgentes, une équipe de garde est prévue chaque jour et effectue tous les devoirs nécessaires même en dehors des heures de bureau

QUATRE TYPES DE PROBLEMATIQUES TRAITEES PAR NOTRE SERVICE

  • L’absentéisme scolaire

Depuis plus de deux ans un travail de fond avec les différentes écoles de la Zone, tout réseau confondu, a été initié. Toutes les directions des établissements scolaires primaires et secondaires ont été approchées afin d’une part de baliser les différentes problématiques rencontrées par elles, d’exposer nos missions respectives et d’autre part d’imaginer un plan d’action commun pour trouver des solutions.

Deux rapports, l’un pour l’enseignement fondamental, l’autre pour le secondaire ont été rédigés à la suite de ces rencontres. Ils synthétisent la globalité des réactions des directeurs et sont à considérer comme un état des lieux.

Suite à ces échanges, l’absentéisme scolaire et la violence en général ont été mis en évidence tant au niveau primaire qu’au niveau secondaire.

Ce travail s’inscrit d’une part dans l’application de la circulaire PLP41 du
7 juillet 2006 qui suggère l’établissement de partenariats entre les établissements scolaires et la police. D’autre part, il répond aux exigences du Plan Zonal de Sécurité dont l’une des priorités est la diminution des cas d’absentéisme scolaire et la lutte contre la violence aux abords des écoles.

Selon les chiffres de la Communauté Française, le nombre d’absences non justifiées a fortement augmenté. La lutte contre ce phénomène est tout à fait nécessaire surtout quand on sait qu’un jeune désœuvré est la proie de toutes sortes de tentations. Il risque ainsi de se dévoyer et de commettre des actes délinquants. Il ne faut toutefois pas stigmatiser : tous les « brosseurs » ne sont pas des voyous en puissance.

Dans le primaire :
L’absentéisme scolaire est un phénomène qui se manifeste de façon très différente selon les communes concernées et ce, sans volonté de notre part de stigmatiser. Colfontaine semble particulièrement touchée ainsi que Quaregnon et Boussu.
Selon les renseignements recueillis, il semble que cela puisse s’expliquer par la concentration de familles socialement défavorisées, recomposées et cumulant divers problèmes (financier, culturel, professionnel, éducatif, de logement…) ou la forte densité de population immigrée (les parents ne sachant parfois pas parler le français).

Il est constaté que de plus en plus d’enfants, même très jeunes, traînent dans la rue aux heures normales de cours et ce, sans surveillance.

Ainsi un type particulier d’absentéisme nous est signalé qui n’est pas en soi nécessairement problématique, mais qui vient gonfler les statistiques : en cas de maladies bénignes ou récurrentes (asthme,…), les parents ayant des difficultés matérielles ont tendance à produire un mot d’excuses sans faire appel à un professionnel médical. Ils disposent généralement de la médication ou du traitement à domicile. Ces élèves reçoivent donc les soins adéquats. Cependant, leur situation administrative n’est pas régulière.
Parfois des certificats médicaux mentionnant une «  maladie rapportée » sont remis par les parents mais ne sont pas comptabilisés car ils sont considérés de complaisance.

Une autre forme de non fréquentation scolaire consiste en des absences ponctuelles certains jours de la semaine à la meilleure convenance des parents.
Certains directeurs des communes déjà citées plus haut nous confient que l’école est particulièrement désertée le mercredi : les parents ne jugent pas utile de présenter leurs enfants pour un demi-jour. D’autre part, le jour du marché hebdomadaire est souvent boudé.

Certains cours sont carrément « zappés » comme la gymnastique, la piscine… ou encore lors de contrôles.
Il arrive également, dans des milieux moins marginaux, que des élèves débutent l’année plus tard en septembre ou finissent plus tôt en juin car leurs parents ont programmé des vacances qui, à cette période là, sont moins onéreuses.

Le lundi, les arrivées tardives sont souvent à déplorer, soit parce que les parents n’ont pas réussi à se lever, soit parce que cela correspond au changement de droit de garde.
Il a été relevé que des absences de courte durée se manifestent lorsqu’un problème surgit dans la famille (maladie, séparation, décès,…) qui se retrouve ainsi face à des difficultés organisationnelles.
A côté de ces crises événementielles, on cite des absences chez les aînés de la fratrie qui se retrouvent responsabilisés face à leurs cadets dont ils doivent assumer la garde. Les dirigeants se montrent assez compréhensifs dans ces cas-là, qui néanmoins, ne constituent pas vraiment une cause d’excuse au niveau légal. Ils ne sont pas pris en compte lors de l’inspection. Les directeurs déplorent le peu de latitude qui leur est laissée pour apprécier le caractère grave de l’absentéisme. Ils se sentent enfermés dans un système administratif qui ne laisse pas de place à « l’humain ».
Le rappel à l’ordre par la DGEO est peut-être efficace vis-à-vis d’élèves dont l’absentéisme n’est pas problématique car il provoque une remise en question des parents ; par contre il n’a pas d’effet sur les cas récurrents.

D’autres prétextes parfois farfelus sont avancés par les parents pour expliquer l’absence de leur enfant et ne constituent pas une justification valable. Par exemple, les enfants d’une même fratrie sont absents en même temps en invoquant diverses maladies et en les intervertissant en fonction des jours.

De façon générale, les dirigeants scolaires qui sont confrontés à l’absentéisme se sentent démunis, seuls et impuissants.

Dans le secondaire :
L’absentéisme scolaire est la problématique citée comme la plus préoccupante par les différents responsables rencontrés. Elle se pose, toutefois, avec plus ou moins d’acuité selon les différents établissements.
Toutefois, la majorité des cas commencent à se manifester à partir de la 3ème et 4ème secondaire et s’intensifient en 5ème et 6ème année. Au premier degré, le décrochage concerne essentiellement les élèves n’ayant pas obtenu leur certificat d’étude de base.

Les écoles exercent avec vigilance le contrôle des présences. Les parents sont avertis ainsi que, le plus souvent, le CPMS.
Dans certains cas récurrents, des responsables scolaires proposent un contrat à l’étudiant en présence de ses parents afin de le conscientiser, de le responsabiliser et de lui donner une dernière chance.
Les chefs d’établissements se sentent donc bien seuls face à l’application de cette loi. La sanction du parent négligeant à cet égard a été évoquée comme solution éventuelle.
Une autre piste est l’engagement d’un médiateur scolaire attaché à chaque école.

Certains responsables regrettent que les élèves soient couverts par certificat médical sur de longues périodes, voire parfois l’année entière.
Ils suspectent dans ce cas, une certaine complaisance de la part des médecins et se retrouvent sans moyen d’actions

Stratégies mises en place
Tant le Service Jeunesse que les services de proximité sont impliqués dans la lutte contre l’absentéisme scolaire.
Des rencontres régulières sont organisées avec les différentes directions d’établissements scolaires afin de mettre en évidence les problématiques et de les résoudre ensemble.
Des patrouilles sont intensifiées aux abords des écoles ainsi que des opérations ponctuelles.
Lors de celles-ci, les mineurs trouvés en rue à une heure normale de cours sont contrôlés et, selon les vérifications faites (autorisation ou non), ramenés à l’école. En fonction de la gravité de la situation (récurrence ou fait isolé), un PV est établi et transmis au Parquet Jeunesse. Parfois, le constat d’absentéisme n’est que la pointe visible de l’iceberg et débouche sur une situation de danger. Dans ce cas, une enquête plus approfondie est diligentée.
Des contrôles sont également régulièrement organisés en collaboration avec les TEC afin de  diminuer la violence et les incivilités dans les moyens de transports publics.

  • La violence aux abords des écoles et les rassemblements de jeunes

Il est important de préciser tout d’abord qu’un rassemblement de jeunes ne constitue pas en soi une infraction. Par contre, cela peut provoquer des nuisances par le bruit, le non respect de l’environnement (jet de cannettes,…), etc. Ce phénomène entraîne un sentiment d’insécurité profond chez les riverains.
Parfois excédés, ceux-ci en référent à la police. Se rendant sur place, celle-ci effectue des contrôles d’identité. Par ailleurs, des contrôles spontanés sont effectués, notamment lors d’opérations de sécurisation.

Les directions d’école nous rapportent une augmentation des rassemblements de jeunes aux abords des établissements scolaires.
Là aussi, ces rassemblements ne poursuivent pas nécessairement un but intentionnellement négatif mais sont une source de désagréments divers. Des dérapages sont alors à craindre par l’effet de groupe.

Il nous est signalé fréquemment des règlements de compte pour « venger » un élève ou régler des querelles amoureuses. Parfois, des problèmes surgissant dans des quartiers trouvent leur épilogue au sein de l’institution scolaire. En l’absence de dialogue, la violence devient le moyen de solutionner le conflit.

Ce recours à la violence se systématise même à l’école primaire. Ainsi l’on constate que les jeunes enfants ne parviennent plus à s’exprimer et dérivent de plus en plus vite vers les insultes voire les coups. L’agressivité verbale devient courante selon le constat des enseignants.
De gros problèmes familiaux peuvent expliquer parfois un comportement violent de l’enfant au sein de l’école. Il est constaté que les enfants arrivent déjà le matin excités ou fatigués ; ce qui laisse penser que leur rythme biologique n’est pas respecté. Le langage grossier est banalisé et utilisé quotidiennement.
Les enfants pratiquent de plus en plus de jeux très violents, relevant des défis (jeu du foulard, arrêter de respirer, automutilation, se lancer volontairement dans un mur,…). Ils se réunissent en petits groupes et s’isolent pour échapper à la surveillance.

Pour faire face à ce fléau, diverses pistes sont exploitées par les directions d’école comme l’application de la tolérance zéro quand ce genre de fait arrive ou la réalisation de punition ainsi que le rappel des conséquences des actes commis.

La violence à l’école peut être aussi commise par les parents envers la direction, les enseignants ainsi que vis-à-vis d’autres élèves.
La réaction des parents face à la violence entre élèves n’est pas toujours adéquate et renforce le climat agressif. Par exemple, ils conseillent à leur enfant de se défendre sans privilégier le dialogue.
Il est déploré la réponse inadéquate des parents au niveau des punitions infligées par l’enseignant parfois les parents soutiennent leur enfant envers et contre tout et n’acceptent pas la sanction décidée par l’école ; parfois les parents sont excessifs et leur punition est disproportionnée.
La séparation de parents peut également être une source de violence.

Pour améliorer la situation, il est nécessaire d’instaurer un dialogue avec les parents pour les associer et les aider à devenir acteurs.
De plus, un partenariat école/police s’instaure afin de réagir le plus rapidement possible dès que la problématique est détectée. Il est en effet important de ne pas laisser le phénomène de violence s’installer.

La police ne se veut pas seulement répressive mais aussi préventive.
Diverses actions sont menées notamment le projet « Méga » qui consiste en la projection d’un film sur le racket destiné aux enfants de 10 à 14 ans, suivie d’un débat.
Une autre mesure est la mise en place d’un parrainage : un appel a été lancé aux écoles primaires (6ème) souhaitant participer. Plusieurs rencontres sont organisées où un policier référent, le parrain, donne des notions de sécurité, de citoyenneté, de respect de l’environnement, etc.
Il s’agit d’un échange où les élèves sont invités à s’exprimer. Le message diffusé par la police est son accessibilité et son rôle d’aide.

 

Rassemblements de jeunes avérés

Rassemblements de jeunes non avérés

Nombre de jeunes contrôlés

PV pour coups et blessures : Mineurs victimes

PV pour coups et blessures : Mineurs auteurs

Année 2007

203

245

948

199

162

Année 2008

173

198

794

175

150

Quand nous parlons de rassemblements de jeunes avérés, il s’agit de constats qui ont été réellement effectués par la police.

  • Maltraitance

On ne peut parler du Service Jeunesse en faisant l’impasse sur les maltraitances et les négligences à enfant. Celles-ci surviennent le plus souvent dans le milieu intra-familial.
Dans ce cadre, l’INPPS S-A Wattier est désignée Officier de Référence pour les violences conjugales et familiales. Cette matière est régie par une circulaire qui uniformise les pratiques policières et judiciaires au niveau national. Elle envisage aussi la prise en charge multidisciplinaire de ces cas grâce à l’intervention du Service d’Assistance aux Victimes (SAV) et d’organismes psychosociaux dont l’objectif est la thérapie des auteurs.
Par ailleurs, des formations régulières sont assurées par l’INPPS S-A Wattier et Madame Racaniello du SAV afin de dispenser ces notions à tous les fonctionnaires de police et de vérifier leur bonne application sur le terrain.

Il convient de prendre en urgence toutes les mesures visant la protection de l’enfant, voire l’éloignement de son milieu familial. Ces dossiers, après enquête minutieuse, débouchent donc parfois sur un placement et parfois sur l’arrestation de la personne violente.
Notre travail consiste donc à investiguer sous l’angle protectionnel et sous l’angle judiciaire. Il convient de donner au magistrat tous les éléments lui permettant de sanctionner au plus juste.

  • Faits de mœurs

Notre service prend en charge les faits de mœurs dénoncés dont les mineurs sont victimes et ce, même si la révélation est effectuée après la majorité. Il s’agit en effet de situations tellement perturbantes et traumatisantes que la victime n’est pas toujours apte à divulguer ce qu’elle a subi juste après l’infraction. La loi permet en effet les poursuites pour de tels faits 10 ans après la majorité.
Nous accordons une grande importance à la victime. Son audition est toujours prise avec respect de façon progressive. Dans la plupart des cas, le magistrat nous demande de procéder à une audition vidéo-filmée. Il s’agit d’une technique particulière qui nécessite une formation continuée. Seuls les policiers brevetés sont habilités à procéder de la sorte.

Ce devoir s’effectue d’une manière très réglementée. Toutes les dispositions se trouvent d’ailleurs dans la Circulaire Ministérielle du 16/07/01 dont la philosophie est de réaliser ces auditions de manière non suggestive, progressive et surtout dans le respect des mineurs.

Le fait de recourir à des auditions vidéo-filmées permet d’éviter de multiplier les auditions et de restituer fidèlement la parole de l’enfant, l’objectif étant de diminuer l’effet traumatisant et de ce fait amoindrir les risques de victimisation secondaire.
De plus, elle permet d’éviter la confrontation avec l’auteur supposé.

Nous disposons à la Police Boraine d’un local spécifique à cet effet et notre personnel est spécialement formé et évalué à cette fin très régulièrement.

Ces dossiers se traitent la majorité du temps en urgence. En effet, lorsque ces cas nous sont connus, nous ne pouvons pas nous permettre de prendre le risque d’attendre et de laisser l’enfant face à un danger potentiel. Il est nécessaire d’évaluer la situation très vite afin d’écarter tout péril pour l’enfant.

Après avoir vérifié que la victime n’est plus exposée à un danger, notre attention est orientée vers le suspect. Un travail d’enquête est alors effectué afin de vérifier la matérialité des faits.

Les membres de notre service ressentent de façon générale une évolution dans la perception de la notion de violence sexuelle tant chez les victimes et leur famille que par les suspects.
En effet, une banalisation des actes sexuels est constatée. Elle concerne tant l’abaissement de l’âge de la victime ET de l’auteur que leur représentation de l’acte sexuel lui-même. Celui-ci est considéré comme récréatif, n’implique pas une relation et ne prend pas en considération les conséquences éventuelles. Il est un acte technique et est dépourvu de connotation sentimentale. Les jeunes s’y adonnent sans réfléchir et en arrivent à ne plus respecter leur propre corps. Cette dérive nous inquiète beaucoup parce que nous l’interprétons comme un étiolement des valeurs, un estompement de la norme.
Face à ce phénomène, notre mission est d’engager le dialogue avec les jeunes afin de les conscientiser et les amener à changer leurs pratiques.

Au niveau du nombre de cas de mœurs traités, on observe une augmentation considérable. Cela est dû à notre avis, à une médiatisation de la problématique, à l’évolution des techniques policières et de l’arsenal judiciaire. Il existe maintenant dans le public une conscientisation de l’impact de ces faits sur toute la vie de la victime.
D’autre part, il y a une sensibilisation plus importante de la part des magistrats qui n’hésitent pas à multiplier les devoirs d’enquête.
Nos services respectifs travaillent en collaboration ce qui permet d’ajuster au mieux le travail.


 

Dossiers Mœurs

Nombre de victimes

Nombre d’audition vidéo-filmée

2005

208

----------------

51

2006

292

---------------

46

2007

219

95

68

2008

316

103

72

EN CONCLUSION

La police d’aujourd’hui se veut plus proche du citoyen. Intégrée dans la société, elle jouit d’un poste d’observation pour répondre au mieux aux besoins de la population. Son rôle n’est plus seulement répressif mais surtout préventif voire éducatif.
Cela suppose de la part du personnel une implication et une disponibilité totales.

Les policiers du Service Jeunesse sont conscients de cette évolution, motivés pour produire un travail de qualité. Etoffer d’avantage le service permettrait de répondre encore plus efficacement à la demande sans cesse croissante comme les statistiques nous l’ont démontré.

 

Service Communication de la Police Boraine
Siham ZANNOUN